La Guinée a obtenu un bon score général de 73,5 points dans la mise en œuvre de la Norme ITIE 2023. Le pays, qui met en œuvre l’ITIE depuis près de vingt ans, affiche des résultats particulièrement solides en matière de transparence des contrats, des licences et de la production. Toutefois, des défis persistent en ce qui concerne le renforcement de la qualité des données, la gestion des recettes et la mise en place d’un environnement propice à l’engagement de la société civile.
« La Guinée a réalisé d’importants progrès dans le renforcement de la transparence dans son secteur extractif, notamment grâce à la divulgation des contrats et aux données en format ouvert », a déclaré la présidente du Conseil d’administration de l’ITIE, Helen Clark. « Alors que le pays entre dans une nouvelle phase de développement à grande échelle de ses ressources, il sera indispensable de déployer des efforts soutenus pour améliorer la qualité des données, la gestion des recettes et l’espace civique afin de garantir que les richesses issues des industries extractives apportent des avantages durables aux citoyens ».
La Guinée est le premier exportateur mondial de bauxite et produit également de l’alumine, du minerai de fer et de l’or. En 2023, le secteur minier représentait 22 % des recettes publiques totales et 93 % des exportations. Le démarrage de la production du projet de minerai de fer de Simandou en 2025 – l’un des plus grands gisements inexploités au monde – devrait entraîner une augmentation significative des recettes et rehausser l’importance de la transparence et de la supervision du secteur par le public. Une étude de modélisation financière réalisée par l’ITIE a estimé que les recettes annuelles du projet devraient se situer entre 850 millions et 1,7 milliard de dollars à pleine capacité avant 2035, en fonction du prix du minerai de fer et des niveaux de production.
Améliorer la transparence et l’accès aux données
La Guinée tient à jour un cadastre minier complet et régulièrement mis à jour, qui fournit des informations détaillées sur les licences, notamment leurs détenteurs, leurs coordonnées géographiques et leur durée de validité. Le pays présente également de solides antécédents en matière de divulgation des contrats, puisqu’il publie systématiquement les contrats d’exploitation et leurs avenants, y compris ceux liés au projet de Simandou, apportant ainsi une réponse aux appels répétés de la société civile en faveur d’une plus grande transparence.
La Guinée publie des statistiques trimestrielles et annuelles ventilées par entreprise –sur la production, les exportations et les recettes – qui alimentent un débat public éclairé sur la gestion du secteur. La mise en œuvre de l’ITIE a également contribué aux débats politiques sur des questions clés telles que la tarification des minerais et la mobilisation des ressources nationales, notamment par le biais d’actions de plaidoyer en faveur de l’introduction d’un prix de référence pour la bauxite afin de lutter contre les risques de perte de recettes.
